La vigne

La vigne

S’étirant vers le large,

La gironde, en été,

Blonde comme les blés,

Somnole sous les nuages.

L’immense perspective

D’une riche plantation

Lardée de bruns sillons,

Plonge droit vers la rive.

Géométrie savante,

Le superbevignoble,

Aux pieds fiers et nobles,

Côtoie l’onde fuyante.

Des sentiers caillouteux,

Etroits et rectilignes,

Cheminent entre les vignes

Au feuillage vert-bleu.

Le long des seps noueux,

De fines et frêles vrilles,

S’agitent et s’entortillent

Aux pampres sinueux.

Joyaux de cette treille,

Les grappes translucides,

Suspendues dans le vide,

Se dorent au soleil.

Puis, surgit le matin

Ou septembre s’impose,

Des teintes ambre et roses

Embellissent le raisin.

La  lumière tamisée,

Dans la flore qui s’éveille,

Irise de tons de miel

Les grains, de sucs, gorgés.

Quand viennent les vendangeurs,

Ils sont fins prêts, je crois,

A devenir la proie,

De cruels sécateurs.

Mais, Bacchus nous rassure,

Car, du jus de la treille,

Naîtra cette merveille,

« Le vin », couleur de mûre.

Marbrées d’orange et d’or,

Les feuilles pâlissantes

Se veinent d’amarante ;

La vigne, alors s’endort.

Dans un ultime soupir,

L’automne au bord des larmes,

Offre ses derniers charmes,

Au peintre qui délire

Le long des rangs déserts,

Seuls, quelques moineaux errent ;

Les  sarments gisent à terre,

Cela sent bon l’hiver.

Jeanne Corbin. Poésie Ecrite en 1998.1999

Diplôme d’honneur 1999 au Concours littéraire Des  « Dits et écrits en Médoc »

Tchin tchin 292 de vignes en vin aquar acry 65x89 1996 Verts raisins 

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